Voyage mieux-être : au-delà du luxe, un besoin vital

Image: L’hôtel The Pearle & Spa, collection Autograph (Source: The Pearle Hotel & Spa)
Image: L’hôtel The Pearle & Spa, collection Autograph (Source: The Pearle Hotel & Spa)
Natasha Lair
par Natasha Lair
Dernière mise à jour: 11:05 AM ET, Fri July 11, 2025
Bert Archer
traduit par Bert Archer

Le voyage mieux-être attire aujourd’hui ceux qui cherchent du repos réel, un sens personnel et une reconnexion volontaire. Autrefois considéré comme un luxe, il prend désormais des airs de nécessité.

Dans un monde saturé d’alertes, d’algorithmes et d’agendas, partir pour se recentrer devient une forme de résistance calme.

Et ce n’est pas qu’une impression : les données le confirment.

Selon le Global Wellness Institute, le tourisme mieux-être pourrait atteindre 1,9 billion $ d’ici 2027, presque le double de 2022. L’Amérique du Nord reste l’un des principaux marchés, avec un intérêt accru pour la santé mentale, les escapades locales et les séjours axés sur les valeurs.

Prendre soin de soi autrement

Dans un rapport de la Wellness Tourism Association publié en 2024, plus de 80 % des voyageurs ont indiqué vouloir revenir de leur séjour dans un meilleur état qu’au départ.

Cela inclut désormais autant le bien-être émotionnel que physique.

Tavia Wilson, spa director at The Pearle Hotel & Spa

Tavia Wilson, spa director at The Pearle Hotel & Spa (Source: LinkedIn)

Tavia Wilson, directrice du spa de l’hôtel Pearle à Burlington, en Ontario, explique que la notion même d’« évasion » a changé depuis la pandémie.

« Les gens veulent décrocher, sans les tracas habituels. »

Changer de regard

La pandémie a forcé bien des gens à repenser leur façon de partir. Le mieux-être ne se résume plus à un gym ou à une salade : c’est devenu un besoin plus profond.

« Le mot “mieux-être” a pris un autre sens pour tout le monde depuis la pandémie », a dit Wilson à TravelPulse Canada. « Il y a un vrai besoin, que ce soit corporel ou mental. »

Ce changement se reflète dans les comportements. Un rapport de Virtuoso pour 2024 indique que le segment mieux-être est l’un des plus dynamiques du luxe, surtout chez les milléniaux et la génération Z, qui cherchent des séjours tournés vers eux-mêmes.

Des rituels qui comptent

Selon Wilson, les gens s’assoupissent souvent pendant les soins — non par ennui, mais par relâchement.

Les traitements du spa comprennent des rituels d’ouverture et de clôture, des bols chantants et des pressions ciblées sur les tensions physiques et émotionnelles.

Authenticité recherchée

Une frustration grandissante dans ce secteur : le décalage entre le marketing et la réalité. Le mot “durabilité”, par exemple, est souvent galvaudé.

« Je reconnais que certaines entreprises n’y arrivent pas, dit Wilson. Mais la demande des clients pour des choix réfléchis est réelle. Elle nous pousse à agir. »

Le Pearle privilégie les produits locaux, limite les expéditions transfrontalières et conçoit des forfaits qui évitent les longs trajets.

Selon un sondage GlobalData 2024, plus de 60 % des voyageurs mieux-être tiennent compte de la durabilité, de l’empreinte carbone à l’approvisionnement éthique.

Le restaurant Isabelle, sur place, sert une cuisine de saison, parfois issue de la ferme de l’hôtel.

« Rester proche réduit l’empreinte carbone, dit Wilson. Et c’est souvent mieux pour soi aussi. »

Une autre forme de durabilité

L’émotion compte autant que l’environnement.

Wilson raconte l’histoire d’une cliente revenue plusieurs fois pour retrouver une même massothérapeute. « Elle m’a dit : “J’ai l’impression que c’est de la famille.” C’est ça aussi, le mieux-être. Se sentir vu, entendu, soutenu. »

De l’accueil jusqu’au sentier qui longe le lac, chaque détail compte. Les clients restent plus longtemps. Non pas parce qu’ils doivent, mais parce qu’ils n’ont pas encore envie de repartir.

Cinq signes qu’un centre mieux-être l’est vraiment

Rituels réfléchis : soins qui commencent et se terminent par des gestes ciblés (respiration, bols chantants, huiles);

Personnel formé et empathique : au-delà des techniques, on cherche la relation humaine;

Produits locaux et transparents : des huiles aux collations, tout est pensé avec cohérence;

Ancrage communautaire : implication avec les producteurs ou artistes du coin;

Invitation à déconnecter : « Laissez le téléphone dans le casier ou la chambre, dit Wilson. Pas besoin de le traîner avec vous. »

 

Le vrai repos vient quand on s’accorde une pause — sans la publier sur Instagram.

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