
par Mia Taylor
Dernière mise à jour: 10:05 AM ET, Thu April 17, 2025
Les inquiétudes grandissantes concernant la désaffection touristique des États-Unis en raison des politiques controversées de l’administration Trump trouvent désormais écho dans les données officielles.
Un rapport publié par l’International Trade Administration (ITA) révèle une baisse de plus de 11 % des arrivées de non-citoyens par avion depuis mars 2024.
Le recul est encore plus marqué du côté canadien. En mars, le nombre de Canadiens revenant des États-Unis par avion avait chuté de 31,9 % comparé à l’année précédente. Le nombre total de visiteurs canadiens aux États-Unis a également fléchi de 12,5 %.
Cette baisse rapide du tourisme inquiète les économistes, qui rappellent l’importance cruciale de ce secteur pour l’économie américaine. En 2024, les voyageurs internationaux ont dépensé 348 milliards de dollars aux États-Unis, selon l’ITA.
Selon des projections de Goldman Sachs citées par Bloomberg, une baisse prolongée du tourisme international et les appels au boycottage pourraient retrancher jusqu’à 0,3 % du produit intérieur brut américain, soit près de 123 milliards de dollars. Bloomberg Intelligence évoque de son côté des pertes potentielles de 27 milliards de dollars en dépenses de détail de visiteurs étrangers.
L’Association américaine du voyage (USTA) estime pour sa part qu’une baisse de 10 % des visiteurs canadiens pourrait entraîner une perte de 2,9 milliards de dollars et mettre en péril 140 000 emplois dans le secteur hôtelier américain.
D’après l’ITA, chaque tranche de 40 visiteurs internationaux soutient un emploi dans l’industrie touristique.
Mais l’impact ne se limite pas au Canada. Plusieurs pays européens ont émis des avis de voyage déconseillant les séjours aux États-Unis. Ces mises en garde font suite à de nombreux cas de visiteurs détenus à la frontière ou refoulés malgré des documents en règle.
Les baisses les plus marquées proviennent d’Europe de l’Ouest, avec un recul de 17 % des arrivées par avion par rapport à l’an dernier. Le Luxembourg affiche la plus forte diminution avec une baisse de 44 %. Le Danemark, l’Autriche et l’Islande enregistrent aussi des replis notables.
Selon The Financial Express, ces tendances s’inscrivent dans un boycottage croissant des politiques du Trump.
Dans une publication du 15 avril, l’American Bus Association (ABA) a souligné que « les politiques actuelles en matière de commerce et de passages frontaliers créent un climat d’instabilité dans le secteur du voyage, posant de nombreux obstacles ».
L’organisation ajoute que ces difficultés « menacent non seulement la santé financière de nombreuses entreprises, mais aussi les moyens de subsistance de millions de travailleurs qui dépendent d’un secteur touristique florissant ». L’ABA conclut : « Nulle part cette pression n’est plus forte qu’entre le Canada et les États-Unis. Chaque pays considère l’autre comme son principal partenaire commercial et touristique – et les baisses récentes touchent les entreprises et les communautés des deux côtés de la frontière. »
Dans son Monthly Economy and Travel Industry Summary de février, l’ABA avait déjà exprimé des inquiétudes plus larges face aux nouvelles dynamiques américaines. « Les politiques isolationnistes, l’immigration restrictive et la rhétorique nationaliste peuvent nuire aux voyages entrants, tant par des restrictions directes que par un changement de perception. Ce scénario rappellerait les effets observés sous la première administration Trump, marqués par des baisses en provenance du Mexique, de la Chine et du Moyen-Orient. La situation actuelle justifie une inquiétude élargie, y compris en Europe. »
Sujets de cet article à explorer