
par Bert Archer
Dernière mise à jour: 11:50 AM ET, Mon February 24, 2025
Voici le dernier volet d’une série en trois parties. Lire la première partie ici et la deuxième ici.
Comme l’industrie du voyage est influencée par de nombreux facteurs externes — catastrophes naturelles, crises sanitaires, instabilité politique et fluctuations économiques — elle est réputée pour son imprévisibilité. Les changements soudains dans la demande des consommateurs peuvent survenir du jour au lendemain.
Alors, ne serait-il pas formidable de pouvoir prédire l’avenir ? Bien qu’il soit presque impossible de savoir avec certitude ce que l’avenir nous réserve, une analyse approfondie du présent peut donner une bonne indication de la direction que prend l’industrie du voyage et offrir aux conseillers en voyages et aux agences l’occasion de planifier à l’avance.
Du 11 juillet au 16 août 2024, Travel Weekly et Phocuswright (marques sœurs de TravelPulse Canada), avec le soutien d’Ensemble et de Princess Cruises, ont mené une enquête exclusive en ligne auprès de 444 conseillers en voyages et propriétaires d’agences de voyages canadiens. Une étude similaire a été réalisée aux États-Unis (avec 1 571 réponses), et les résultats des deux enquêtes permettent de mieux comprendre les différences et similitudes entre ces marchés.
Dans cet article — le dernier volet d’une série en trois parties — nous examinons les principaux enseignements de l’étude canadienne de 2024 sur les conseillers en voyages et la façon dont ils envisagent l’avenir de l’industrie du voyage.
Les conseillers en voyages et l’IA générative

(Photo Credit: Deborah Dimond)
Selon l’étude canadienne, la plupart des agents (83 %) connaissent l’intelligence artificielle générative (IA générative ou GenAI), mais seulement 35 % ont utilisé des plateformes ou outils fondés sur cette technologie. Des chiffres similaires apparaissent dans l’étude américaine, où 86 % des conseillers sont au courant de l’existence de GenAI et 41 % déclarent l’avoir utilisée. Les agents de 55 ans et moins sont plus susceptibles d’avoir recours à ces outils : 33 % des conseillers âgés de 56 à 65 ans y ont eu recours, chiffre qui chute à 22 % chez les plus de 65 ans.
Comment les conseillers en voyages utilisent-ils l’IA générative ?
Les agents s’intéressent principalement à l’utilisation de l’IA pour créer du contenu marketing et de site web (45 %) et générer des itinéraires personnalisés pour leurs clients en fonction de leur historique de voyage et de leurs préférences (44 %). Parmi les autres utilisations envisagées, on retrouve la traduction en temps réel pour communiquer avec les clients (29 %), l’automatisation de tâches comme la réservation, la planification et l’envoi de messages aux clients (27 %), ainsi que l’accès pour les clients à un chatbot IA pour un service client immédiat (15 %).
Propriétaires et gestionnaires d’agences de voyages et GenAI
Près d’un quart (24 %) des propriétaires et gestionnaires d’agences de voyages ont utilisé GenAI pour créer du contenu marketing ou de site web, et 12 % l’ont utilisé pour générer des itinéraires personnalisés. Par ailleurs, 11 % des participants disent avoir eu recours à l’IA pour concevoir des forfaits adaptés à des voyageurs ayant des intérêts spécifiques, et 44 % prévoient d’y recourir à cette fin au cours de l’année à venir.
Quel est l’impact de la nouvelle capacité de distribution de l’IATA sur les agences ?

(Photo Credit: Deborah Dimond)
Parmi les conseillers canadiens qui réservent des vols, près de sept sur dix (69 %) ne connaissent pas la nouvelle capacité de distribution (New Distribution Capability ou NDC) de l’IATA. Seuls 20 % des agents canadiens disent être familiers avec la NDC et indiquent que leur agence a accès à ce contenu. Aux États-Unis, l’adoption de la NDC est plus avancée : 43 % des conseillers ne la connaissent pas, mais 42 % déclarent que leur agence y a accès — plus du double du taux observé au Canada et une augmentation significative par rapport aux 22 % enregistrés aux États-Unis en 2023.
Fait intéressant, les conseillers canadiens qui connaissent la NDC ont généralement une opinion neutre à son sujet. Aux États-Unis, la plupart des agents familiers avec la NDC ne trouvent pas cette technologie nécessaire, utile ou avantageuse.
Quels facteurs ont eu le plus d’impact sur les agences de voyages en 2024 ?

(Photo Credit: Deborah Dimond)
Au cours des 12 derniers mois, les agences ont été le plus touchées par l’augmentation du coût des voyages (82 %) et les tarifs aériens/frais élevés (75 %). D’autres facteurs clés incluent les perturbations et retards dans les aéroports (51 %), la valeur du dollar canadien (50 %), la conjoncture économique (40 %), la concurrence en ligne (31 %) et l’instabilité économique mondiale (27 %). À l’exception du dollar canadien, ces facteurs ont également touché les agences de voyages américaines.
Prévisions pour 2025
Les conseillers en voyages et propriétaires d’agences des deux côtés de la frontière s’attendent à ce que les coûts élevés des voyages et les perturbations du transport aérien se poursuivent cette année. Les conseillers canadiens prévoient que les cinq principaux facteurs qui affecteront les agences au cours des 12 prochains mois seront l’augmentation du coût des voyages (78 %), les tarifs aériens/frais élevés (64 %), la valeur du dollar canadien (39 %), la conjoncture économique (38 %) et les perturbations/aéroports (35 %). Aux États-Unis, les cinq principaux facteurs anticipés sont l’augmentation du coût des voyages (72 %), les tarifs aériens/frais élevés (61 %), les perturbations/aéroports (46 %), la conjoncture économique américaine (43 %) et la concurrence en ligne (36 %).
L’avenir semble prometteur

(Photo Credit: Deborah Dimond)
Malgré tous les défis auxquels l’industrie du voyage a été confrontée ces dernières années — et ceux à venir — près des deux tiers des agences canadiennes signalent une croissance des réservations d’une année sur l’autre, et 75 % des conseillers canadiens ont des perspectives positives pour l’avenir du secteur. Les Canadiens sondés sont légèrement plus optimistes que leurs homologues américains, mais l’optimisme est présent des deux côtés : 72 % des agents américains déclarent avoir une vision positive de l’avenir.
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