
par Bert Archer
Dernière mise à jour: 9:20 AM ET, Fri March 6, 2026
Le 13e World Ocean Summit & Expo, tenu sur deux jours, s’est terminé hier à Montréal. Une grande partie des discussions a porté sur la science et les activités économiques liées à la santé des océans. Une portion importante de la deuxième journée s’est aussi penchée sur le rôle que le tourisme peut jouer — et joue déjà — dans la protection des milieux marins.
Organisé par Economist Impact, une division du groupe médiatique qui comprend aussi The Economist et le Financial Times, l’événement s’est déroulé entièrement en anglais.
Comment la pêche et le tourisme peuvent-ils renforcer la résilience des économies côtières?
Carlos Duarte, professeur distingué en sciences marines à la King Abdullah University of Science and Technology, a lancé ce qui allait devenir une discussion très centrée sur les algues en rappelant qu’il s’agit d’une culture régénératrice. Autrement dit, elle ne se limite pas à réduire les impacts environnementaux: sa présence améliore l’état de la planète. Plus il y a d’algues dans le monde, a-t-il résumé, mieux la planète se porte.
«Le problème, c’est de savoir comment inciter les consommateurs à diversifier leur alimentation et à intégrer ces petits organismes dans leur régime, y compris les algues», a-t-il déclaré devant une petite salle bondée du Palais des congrès le 5 mars. «Le tourisme peut servir de levier pour sensibiliser le public», a-t-il ajouté, en mentionnant que la chaîne hôtelière Iberostar, dont le siège social se trouve dans son Espagne natale et qui commanditait cette séance — représentée dans la salle par Federico Cardona Pons, responsable mondial de l’initiative Blue Food — fait figure de pionnière dans la mise en valeur d’aliments issus de pratiques durables.
Les gens modifient souvent leurs habitudes lorsqu’ils voyagent, puisqu’ils découvrent de nouvelles choses. Selon lui, si les acteurs de l’hôtellerie — hôtels et centres de villégiature — prenaient cette responsabilité au sérieux, presque comme une mission, ils pourraient jouer un rôle de premier plan pour faire découvrir aux voyageurs de nouveaux aliments et d’autres façons de manger, bénéfiques à la fois pour la santé et pour la planète.
La discussion la plus animée de cette séance, organisée sous forme d’atelier, s’est déroulée autour des tables. Rachel Huber, fondatrice de l’entreprise Get Kelp à Sooke, en Colombie-Britannique, a poursuivi la réflexion sur les algues. Rebecca Brushett, copropriétaire du Gros Morne Inn à Terre-Neuve-et-Labrador, a pour sa part plaidé avec vigueur en faveur de la responsabilité de l’industrie touristique de préserver et d’améliorer les territoires protégés dont elle tire profit.
«Il faut créer le marché et susciter la demande», a expliqué plus tard Mme Huber, rappelant que les algues occupent une place importante dans de nombreuses cuisines asiatiques. Dans le monde occidental, elles restent largement cantonnées au rôle de garniture, lorsqu’elles apparaissent dans l’assiette. Selon elle, davantage d’initiatives comme celle de Tourism Victoria, qui a récemment mis en valeur des chefs locaux utilisant les algues dans leurs plats, contribueraient à faire découvrir aux consommateurs qu’au sein des quelque 30 000 espèces d’algues recensées, il s’en trouve certainement une ou deux à leur goût. Elle a ajouté que, bien préparée, la dulse peut rappeler le goût du bacon.
Une autre participante à la table, qui s’est présentée simplement sous le prénom de Kimberley et qui a expliqué gagner sa vie comme membre d’équipage sur un bateau de pêche à Terre-Neuve-et-Labrador, a ajouté que l’intégration des algues à une expérience touristique, même au-delà de l’assiette, pourrait avoir un effet important. «Les gens mangent ce qui leur est familier», a-t-elle dit. «Donc, si on crée une expérience où l’on sort récolter des algues, ça devient familier.»
Au fil des échanges sur les difficultés et la complexité entourant les permis, la réglementation et les certifications, Rebecca Brushett — qui, en plus de son rôle au Gros Morne Inn, a fondé l’Atlantic Healthy Oceans Initiative — a expliqué qu’elle s’efforce de travailler avec des pêcheurs qui respectent les pratiques de pêche durable établies par des organismes comme Ocean Wise. Plusieurs d’entre eux, toutefois, ne disposent pas des ressources financières ni de l’infrastructure administrative nécessaires pour obtenir et maintenir ces certifications.
Plus tôt dans la séance, Duarte avait souligné qu’il est parfois plus difficile d’obtenir un permis pour cultiver des algues que pour forer à la recherche de pétrole.
Sujets de cet article à explorer