
par Bert Archer
Dernière mise à jour: 7:40 AM ET, Sat October 3, 2026
Les façons de voyager sont en train de changer, et pour de bon, peut-être. Les causes sont accablantes (dérèglement climatique, extrémisme politique, guerre, génocide), mais les transformations qui en découlent pourraient très bien profiter aux économies locales, à l'environnement et à l'industrie du voyage elle-même.
Prenons Budapest. Pour la clientèle nord-américaine, la ville sert depuis toujours de point de départ aux croisières sur le Danube. Comme Katmandou ou Nairobi, elle appartient à cette catégorie de villes-portes où l'on s'attarde peu et que l'on regarde à peine.
Lors d'un récent séjour organisé par Visit Hungary, TravelPulse a rencontré plusieurs conseillers en voyages qui connaissaient déjà Budapest sans l'avoir jamais vraiment vue. Ils y avaient accompagné des groupes ou fait leur propre circuit, et la ville leur restait indéchiffrable.
Or les sécheresses se font plus fréquentes et plus sévères en Europe, et le Danube, qui n'a jamais été bien profond, devient un fleuve sur lequel on ne peut plus compter. Il est temps que Budapest devienne une destination à part entière.
Elle en a l'étoffe. Et le climat.
De toutes ces capitales européennes boudées des touristes, dont plusieurs gravitaient jadis dans l'orbite soviétique, Budapest est probablement la mieux placée pour s'imposer, pendant que Paris, Barcelone et les autres hauts lieux du tourisme, plus méditerranéens, étouffent sous des étés de plus en plus torrides.
Située dans les terres, la ville connaît des températures plus clémentes, quoiqu'elle soit plus au sud que Paris, par exemple. Mais ce qui l'a fait passer devant Vilnius, Varsovie ou Bucarest, c'est surtout l'infrastructure bâtie pour les croisiéristes: les chambres d'hôtel, les entreprises de visites guidées, les restaurants, les menus en plusieurs langues dont l'anglais, une signalisation claire.

Le Four Seasons Gresham Palace est peut-être le plus bel exemple d'Art nouveau de style Sécession hongroise de la ville, et il en est assurément le mieux conservé et le mieux entretenu (Photo Credit: Bert Archer)
Budapest est de plus juste assez occidentale, ancienne cocapitale de l'Empire austro-hongrois avec Vienne, forte de son somptueux opéra et de son architecture de la Sécession hongroise, pour rassurer ceux qui ont l'habitude de l'Espagne et de l'Italie, et juste assez orientale pour piquer la curiosité et mériter un détour ou deux
(Et je recommande chaudement notre guide principale à tout client ou groupe que vous voudriez lui confier, en anglais ou, de plus en plus, en français, grâce à un nouveau chum: Réka Pátócs, [email protected], +36 30 701 0848).

Le Musesz Kávéház (Photo Credit: Bert Archer)
Ses cafés comptent parmi les meilleurs, et ses gâteaux, parmi les meilleurs et les plus généreux qu'on trouve hors de l'Autriche.
Appelons-la le prochain Prague. La croisière en moins.
Budapest possède même une statue de Peter Falk, allez savoir pourquoi. Qui pourrait en demander davantage? (Photo Credit: Bert Archer)Les hôtels
Ce fut, franchement, la plus grande surprise. Budapest compte de superbes hôtels. Je ne parle pas des cinq-étoiles de série (même si l'ancien Ritz-Carlton, devenu l'Al Habtoor, où abondent les services et manque l'hospitalité, en est un bon exemple). Les bons, et ils sont nombreux, ont une personnalité propre, reflètent la ville et sa culture, et offrent des chambres dont on se souvient.

Le Parisi Udvar (Photo Credit: Bert Archer)
L'hôtel qui nous hébergeait était sans doute le plus spectaculaire de tous. Le Párisi Udvar s'organise autour d'une grande galerie couverte, reconstruite à l'emplacement de l'ancienne, laissée à l'abandon pendant des décennies avant d'être finalement détruite. La réception et la salle à manger occupent le centre de cet espace ouvert de plusieurs étages, où des passants entrent à tout moment depuis la rue pour prendre des photos. Ma chambre avait vue sur plusieurs autres immeubles de la fin du XIXe siècle ou du début du XXe, dont au moins deux hôtels. Le service était soigné et aimable, les chambres spacieuses et bien conçues. Les petits-déjeuners étaient médiocres, comme presque tous les buffets du matin de presque tous les quatre et cinq étoiles où j'ai séjourné depuis cinq ans. J'imagine que quelqu'un, dans un siège social, y a vu une occasion de réaliser des économies, et que les autres ont emboîté le pas. Heureusement, la cuisine hongroise est excellente, bon marché et généreuse, à deux pas.

Le Dorotea, qui met en valeur le travail de Piero Lissoni et de Zoltán Tombor (Photo Credit: Bert Archer)
Le Dorotea m'a également fait forte impression, avec ses volumes généreux, son allure moderne et les œuvres du photographe hongrois Zoltán Tombor, commandées pour l'occasion, qui ponctuent une architecture spectaculaire sans être écrasante, signée Piero Lissoni. Les chambres sont magnifiques et, là encore, pensées en fonction de l'esthétique de l'ensemble.

(Photo Credit: Bert Archer)
La suite signature s'enroule de fenêtres d'angle et donne sur la place en contrebas, où se tient entre autres le grand marché de Noël de la ville. Elle compte sans l'ombre d'un doute parmi les plus belles chambres que nous ayons vues à Budapest.
Côté table, en revanche, nouvelle déception, cette fois sous la forme d'un restaurant de Gordon Ramsay. Il serait meilleur, paraît-il, que celui de Jamie Oliver ouvert quelques années plus tôt, mais qu'on veuille manger chez l'un ou chez l'autre en Hongrie, cela m'échappe. On nous a tous reçus chez Ramsay. Le sommelier, sympathique, avait choisi les vins avec brio, mais la cuisine était, encore une fois, quelconque.
(Photo Credit: Bert Archer)Les hôtels W sont fantastiques (Mexico, Taipei) ou décevants (Montréal, Toronto). Comme le Torontois the.ryanexperience l'a fait remarquer, la marque s'est un peu égarée quand Marriott a acquis Starwood et qu'elle a dû se démarquer d'Edition. Des rénovations seraient en cours dans toute la chaîne et, avec un peu de chance, elle retrouvera sa verve. Peu importe ce qui se passe ailleurs, le W Budapest, lui, est une réussite. Il y a ensuite les chambres, toutes grandes, et la suite signature, hors catégorie même pour un penthouse, avec en guise de pièce maîtresse, dans l'entrée, un bar vertical grandeur nature, entièrement garni.

L'hôtel Continental était autrefois un bain public (Photo Credit: Bert Archer)
À l'hôtel Continental, le niveau mezzanine, aménagé sous les voûtes en berceau d'un ancien établissement de bains, est fabuleux. La plus grande surprise a pourtant été l'Aria Hotel, indépendant, de milieu de gamme, placé sous le signe de la musique.

(Photo Credit: Bert Archer)
L'immeuble se divise en ailes jazz, classique, opéra et contemporaine, et chaque chambre est consacrée à un musicien et décorée en conséquence, souvent dans des couleurs franches et réjouissantes.

(Photo Credit: Bert Archer)
Dans le hall, un piano conçu par Gergely Bogányi ne ressemble à aucun autre, noir, laqué, tout en lignes et en courbes, et fait imaginer un mannequin de Patrick Nagel installé au clavier pour jouer un transcription de The Chauffeur. Années 1980 jusqu'au bout des doigts, et avec élégance.

(Photo Credit: Bert Archer)
Mais la pièce de résistance, c'est le toit-terrasse, avec son bar à champagne et sa vue à 360 degrés sur les plus beaux édifices de Budapest. Par beau temps, je doute qu'il existe mieux en ville.
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