
par Jen Mallia
Dernière mise à jour: 10:05 AM ET, Tue May 6, 2025
Le nombre de Canadiens profitant des plages de Varadero ou dansant le cha-cha dans les boîtes de nuit de La Havane a fortement diminué au premier trimestre de 2025. Selon l’Office national de statistique de Cuba (ONEI), le tourisme en provenance du Canada a chuté de près de 30 % en janvier, février et mars. Les arrivées en provenance de la Russie, de l’Espagne et de l’Italie ont également reculé.
Les causes de ce déclin semblent liées aux difficultés économiques du pays, selon plusieurs experts. « La réalité, c’est que la situation s’est nettement détériorée depuis le début des années 1990, quand les Canadiens ont commencé à visiter massivement l’île », a confié l’économiste cubain Ricardo Torres Pérez à CBC.
« La crise a affecté la qualité des services, l’état des infrastructures et provoqué des pannes de courant fréquentes », ajoute-t-il, soulignant aussi les problèmes d’accumulation de déchets dans les rues.
Les hôtels et complexes touristiques disposent de génératrices, ce qui atténue l’impact des pannes sur les voyageurs. Néanmoins, séjourner dans un établissement illuminé alors que les environs sont plongés dans le noir ne correspond pas à l’idée que se font les touristes de leurs vacances.
« Comment vendre une image de légèreté, d’escapade rapide et joyeuse, dans ce contexte ? », se demande Andrés Pertierra, analyste de la situation cubaine, qui a vécu deux longues coupures d’électricité à La Havane.
Cap sur la Chine
Pour compenser la baisse des visiteurs européens et canadiens, Cuba mise désormais sur la Chine pour relancer son industrie touristique.
« Ce n’est un secret pour personne que notre pays, et en particulier le secteur du tourisme, traverse une conjoncture difficile », a déclaré le ministre cubain du Tourisme, Juan Carlos Garcia, à l’occasion du tout premier salon touristique du pays, que Cuba espère reconduire chaque année. Cette première édition était dédiée à la Chine.
Selon Reuters, le nombre de touristes chinois à Cuba a bondi de 50 % en 2024, notamment grâce au vol direct d’Air China entre Pékin et La Havane, avec escale à Madrid. Bien qu’il s’agisse d’un trajet de 24 heures, la liaison connaît un certain succès. De plus, les visiteurs chinois n’ont pas besoin de visa pour entrer à Cuba, ce qui facilite leur séjour.
Les autorités espèrent qu’en diversifiant leur clientèle et en misant sur l’immense marché touristique chinois, elles pourront attirer de nouveaux investissements étrangers et renforcer l’attractivité de l’île.
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