
par Bert Archer
Dernière mise à jour: 10:05 AM ET, Sat April 12, 2025
C’est sur l’île artificielle de Yumeshima, dans la baie d’Osaka, que le Japon a lancé samedi en grande pompe l’Expo 2025, un événement aux ambitions technologiques affirmées mais à la réception populaire incertaine. La cérémonie d’ouverture, tenue la veille de l’ouverture officielle au public ce dimanche 13 avril, mêlait tambours traditionnels et maître de cérémonie virtuel propulsé par intelligence artificielle, en présence de l’empereur Naruhito et de plusieurs dignitaires étrangers.
Dans un discours relayé par le Japan Times, le premier ministre Shigeru Ishiba a évoqué un monde « confronté à de nombreuses divisions » à l’issue de la pandémie, et salué l’importance de réunir des cultures et technologies diverses pour « faire face à la question de la vie à notre époque ».
L’exposition, qui accueille plus de 160 pavillons nationaux, régionaux et institutionnels, se déroule pendant six mois. Au cœur du site : le Grand Anneau, une structure de bois monumentale et ajourée, présentée comme la plus grande du genre au monde. Selon des données citées par le quotidien japonais, seulement 12,5 % des matériaux de l’anneau devraient être réutilisés après l’événement, dont le site sera en grande partie démantelé pour faire place à un complexe de casinos.
Officiellement placée sous le thème « Concevoir la société du futur pour nos vies », l’Expo peine toutefois à susciter l’enthousiasme. Les répétitions générales ont été marquées par de longues files d’attente, des applications mobiles défaillantes et une fuite de gaz. Une fausse alerte à la bombe à la gare de Kyoto samedi, causée par une boîte de friandises étrangères, a brièvement mobilisé les forces de sécurité.
Selon les chiffres rapportés par le Japan Times, 8,7 millions de billets avaient été vendus à la veille de l’ouverture, loin de l’objectif initial de 14 millions. Le manque d’intérêt se double d’une tension sur l’hébergement : la popularité touristique du Japon fait grimper les prix des hôtels à Osaka, souvent complets.
Au-delà des chiffres, le Japan Times pose une question de fond : dans un monde de connexions virtuelles et de préoccupations environnementales, l’exposition universelle a-t-elle encore un rôle à jouer ? Le format, né au XIXe siècle comme vitrine de la puissance impériale et industrielle, peut-il encore mobiliser l’imaginaire collectif — ou s’agit-il d’un modèle épuisé ?
Cette édition survient 55 ans après l’Expo 1970, également tenue à Osaka, qui avait attiré 64 millions de visiteurs — davantage qu’Expo 67 à Montréal, qui en avait accueilli 50 millions. Le record japonais est resté inégalé jusqu’à l’Expo 2010 de Shanghai.
À la différence de ses prédécesseures, l’édition actuelle évolue dans un monde transformé. Reste à voir si l’Expo 25 parviendra à convaincre au-delà de son audace architecturale et de ses promesses technologiques.
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