
par Natasha Lair
Dernière mise à jour: 3:30 PM ET, Mon December 1, 2025
Les dirigeants de l’Aruba Tourism Authority estiment que les Canadiens souhaitent voyager de manière responsable, même si plusieurs ont l’impression que l’industrie ne leur fournit pas les outils nécessaires.
Lors d’une récente visite à Toronto, Ronella Croes, PDG de l’Aruba Tourism Authority (ATA) — dont le site web est offert en néerlandais, suédois, allemand, espagnol, italien, portugais et en deux variantes d’anglais, mais pas en français — ainsi que Sjeidy Feliciano, directrice de secteur pour l’Amérique du Nord, ont indiqué que de nouvelles données démontrent un virage mondial marqué vers un tourisme conscient.
Selon leurs conclusions, 96 % des voyageurs estiment que le tourisme responsable devrait être la norme, et 77 % jugent que l’industrie ne leur offre pas assez d’orientations ou d’options pour contribuer adéquatement.
Au Canada, Croes souligne que cet écart est encore plus évident : seulement 16 % des Canadiens estiment recevoir un accompagnement suffisant.
« Ce pourcentage représente un nombre considérable de personnes que nous pouvons aider », a expliqué Croes à TravelPulse.
« Les Canadiens souhaitent des options, des communications claires et de la transparence sur les coûts liés à leur contribution — et malgré tout, 69 % affirment être prêts à contribuer financièrement pour soutenir le tourisme responsable. »

Une carte d'Aruba (Source: ATA)
Un virage stratégique pour Aruba
Avec 70 % de son PIB lié au tourisme, Aruba a amorcé ces dernières années une transformation visant à intégrer le tourisme responsable à tous les niveaux de sa planification.
« Nous travaillons dans ce domaine depuis plus de 50 ans, et nous savions qu’un changement s’imposait », a dit Croes. « Notre communauté a besoin de souffler, et nous voulons préserver la qualité des expériences offertes aux visiteurs tout en protégeant le bien-être de nos habitants. »
Aruba compte environ 110 000 résidents, mais accueille chaque année 1,2 million de visiteurs en séjour, en plus d’environ 900 000 croisiéristes.
« Le mouvement de personnes est important », ajoute Croes. « L’engagement des visiteurs — ou, comme nous les appelons maintenant, des invités — est essentiel pour protéger l’île. »
Le nouveau positionnement d’Aruba, « Lorsque vous aimez Aruba, Aruba vous le rend », met l’accent sur la conscience, le respect de la nature et de la culture, ainsi que la responsabilité partagée.
Marché canadien en croissance
Le Canada constitue actuellement le deuxième marché d’Aruba, avec environ 70 000 arrivées par année. Depuis le début de l’année, Croes indique que les arrivées canadiennes sont en hausse de 10 % par rapport à l’an dernier, dont 73 % en provenance de Toronto.
Un signe marquant : les Canadiens se divisent presque également entre les séjours à l’hôtel et les hébergements alternatifs — un segment où plusieurs possèdent leur propre propriété sur l’île.
« Ce taux de 42 % pour l’hébergement alternatif est très élevé par rapport à d’autres marchés », note Croes. « Pour plusieurs Canadiens, Aruba représente véritablement un chez-soi loin de chez eux. »
Transport aérien, nouveaux hôtels et options tout compris

Ronella Croes, PDG de l’Aruba Tourism Authority (Source: ATA)
Aruba bénéficie d’un service direct depuis le Canada, et Feliciano s’attend à une légère augmentation de la capacité aérienne l’an prochain.
L’île diversifie aussi son offre hôtelière. La loi limite le développement tout compris à un maximum de 40 % de l’inventaire hôtelier, afin de préserver l’équilibre, la mobilité et l’économie locale.
Un nouvel établissement tout compris, Secrets at Baby Beach, a ouvert cette année dans une zone moins développée de l’île. Aruba a également ajouté 152 chambres dans un autre complexe, et Iberostar y a lancé Joya, son premier concept EP (sans formule tout compris), ce qui confirme l’approche sélective de la destination.
« Nous travaillons avec intention », dit Croes. « Nous développons de nouveaux secteurs et de nouvelles expériences sans devenir une île entièrement tout compris. »
Croissance du tourisme expérientiel, axé sur la nature et le mieux-être
Interrogée sur ce qui distingue Aruba auprès des Canadiens en quête de séjours lents, conscients et expérientiels, Feliciano mentionne les activités de plein air et « un sentiment d’appartenance ».
« Nous avons la bonne combinaison d’éléments — le vent, le soleil, l’eau, le paysage désertique », explique-t-elle. « L’eau soigne. La nature soigne. Et nos expériences reflètent cela. »
Le parc national d’Aruba couvre 25 % de l’île et offre de la randonnée, des activités guidées et plus de 50 kilomètres de pistes cyclables conçues pour renforcer le lien des visiteurs avec l’environnement.
« Le mieux-être prend de l’ampleur, et Aruba est prête », ajoute Feliciano. « Yoga sur la plage, randonnée, séjour lent — ces éléments font désormais partie intégrante de l’expérience. »
Elle souligne également la solidité du marché des mariages et de nouveaux événements culinaires cherchant à rapprocher visiteurs et résidents.
La résilience climatique au cœur de la stratégie touristique
Aruba se prépare aussi aux impacts climatiques à long terme.
Croes indique que l’île a mis sur pied un Conseil national de résilience climatique, complété un indice de vulnérabilité aux risques et publié des atlas détaillant les effets potentiels de la hausse des températures et des émissions.
Depuis 1955, la température moyenne a augmenté de 1 °C — un chiffre modeste, dit-elle, mais qui pourrait grimper de façon marquée sans intervention.
« Le tourisme doit jouer un rôle dans l’action climatique », affirme-t-elle. « Cet enjeu n’est pas extérieur au tourisme — il en fait partie. »
La promesse d’Aruba : un engagement pour un tourisme conscient
Au cœur de cette démarche se trouve la Promesse d’Aruba (Aruba Promise), un engagement invitant les voyageurs à se considérer non seulement comme des touristes, mais comme des invités de l’île. En réfléchissant à leur empreinte, en adoptant un rythme plus lent et en choisissant des pratiques responsables, les visiteurs contribuent à préserver la beauté et la biodiversité d’Aruba pour les générations futures.
Créée par l’Aruba Tourism Authority, la Promesse invite les visiteurs à vivre l’esprit de Masha Danki, un message de gratitude et de respect envers le peuple arubain et l’écosystème terrestre et marin de l’île. Les Canadiens, qui représentent un marché important, peuvent signer l’engagement et en apprendre davantage au Aruba Promise.
Rédigé par Bert Archer
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