L'industrie des croisières au Mexique est perturbée par l'ajout d'un frais d'immigration de 60$

Image: Les autorités mexicaines avaient initialement prévu d’appliquer cette mesure dès le 1ᵉʳ janvier, avant de repousser son entrée en vigueur au 1ᵉʳ juillet (Photo Credit: Laurie Baratti)
Image: Les autorités mexicaines avaient initialement prévu d’appliquer cette mesure dès le 1ᵉʳ janvier, avant de repousser son entrée en vigueur au 1ᵉʳ juillet (Photo Credit: Laurie Baratti)
Bert Archer
par Bert Archer
Dernière mise à jour: 10:10 AM ET, Fri March 14, 2025

L’industrie des croisières au Mexique pourrait subir un coup dur alors que le gouvernement tarde à répondre aux préoccupations des exploitants de navires face à l’instauration imminente d’un nouveau frais d’immigration de 60 $ (800 MXN).

Les autorités mexicaines avaient initialement prévu d’appliquer cette mesure dès le 1ᵉʳ janvier, avant de repousser son entrée en vigueur au 1ᵉʳ juillet. Ce frais découle d’une réforme législative qui requalifie les passagers de croisières en voyageurs similaires aux passagers aériens, explique Michele Paige, présidente de ll’Association des croisières Floride-Caraïbes (Florida-Caribbean Cruise Association, FCCA).

Selon elle, des changements au sein du gouvernement mexicain auraient joué un rôle dans l’abandon d’une exemption fiscale dont bénéficiait l’industrie des croisières depuis plus de dix ans. Une exemption qui, selon elle, « était en place pour de bonnes raisons qui s’appliquent encore aujourd’hui ».

Une annonce sans consultation

Ce nouveau frais a été annoncé après l’adoption d’une législation, « sans [que les compagnies de croisières aient] été consultées au préalable », indique Paige. Selon elle, plusieurs compagnies prévoyaient renforcer leur présence au Mexique, mais « maintenant, c’est le contraire qui va se produire ».

Michele Paige FCCA CEO
Michele Paige, présidente de l’Association des croisières Floride-Caraïbes (Source: Florida Caribbean Cruise Association)

Dans une entrevue avec TravelPulse, la présidente de la FCCA, qui représente 19 compagnies de croisières exploitant plus de 100 navires en Floride, dans les Caraïbes et en Amérique latine, a expliqué l’impact que cette mesure pourrait avoir sur l’industrie au Mexique.

TravelPulse : Ce que le Mexique met en place n’est donc pas une nouvelle taxe sur les passagers?

Michele Paige : « Ce n’est pas une taxe. Ce qu’ils font, c’est modifier notre statut de transit et traiter [les croisiéristes] comme des passagers aériens. Je ne crois pas que quiconque connaissant l’industrie des croisières débattrait du fait que nos [passagers] sont en transit. »

TP : Les compagnies de croisières ont appris ce changement par les médias plutôt que par le gouvernement. Comment cela a-t-il affecté les négociations?

MP : « Je crois que le nouveau gouvernement ne connaissait tout simplement pas les contributions de l’industrie des croisières. Nous avons dû vraiment forcer [les autorités mexicaines] à s’asseoir avec nous. Après de nombreuses rencontres, en bons partenaires, ils nous ont donné six mois. »

TP : Où en sont les discussions?

MP : « Le changement de statut doit entrer en vigueur le 1ᵉʳ juillet. Nous avons eu des rencontres avec des gouverneurs et des représentants du gouvernement fédéral, mais c’est une législation. La seule personne qui va prendre cette décision, c’est [la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum]. Nous espérons que très bientôt, ils vont s’asseoir avec nous et nous allons travailler sur un plan. »

TP : Que peuvent faire les exploitants de croisières à court terme?

MP : « Il nous faudrait [obtenir] une autre dérogation, car c’est une loi; elle ne peut pas être modifiée avant le 1ᵉʳ janvier. Donc, en ce moment, ce qu’on espère, c’est obtenir un autre délai, puis s’asseoir de bonne foi pour examiner les moyens par lesquels nous pouvons aider le Mexique. »

Les compagnies de croisières veulent renforcer leur impact économique

TP : La FCCA propose-t-elle des initiatives pour favoriser l’embauche et les investissements au Mexique?

MP : « L’industrie des croisières [embauche déjà] au Mexique. En ce moment, nous espérons travailler avec le gouvernement mexicain pour établir une ligne directe avec les ressources humaines afin de pouvoir embaucher plus de travailleurs sur le terrain. Les PDG des compagnies de croisières ont accepté de [créer] une ligne directe afin d’acheter plus de [fournitures] pour les navires et de mettre en valeur davantage de produits mexicains dans les boutiques à bord. »

« [Les exploitants] ont 68 nouveaux navires qui entreront en service au cours des 10 prochaines années. C’est donc une vision très à court terme du gouvernement mexicain. » – Michele Paige, FCCA

TP : Y a-t-il d’autres façons d’aider l’industrie des croisières mexicaines?

MP : « L’industrie des croisières investit des milliards de dollars pour promouvoir les itinéraires, [mais] nous pourrions faire un meilleur travail à cet égard avec du personnel directement [dans les destinations]. Le Mexique est un grand pays. Beaucoup d’Américains ne réalisent même pas qu’il y a 30 États au Mexique. Nous pouvons donc faire un meilleur travail pour montrer l’ampleur du pays. »

TP : Malgré cela, les exploitants de croisières expriment une grande frustration face aux autorités mexicaines, n’est-ce pas?

MP : « Nous sommes consternés que ce frais s’applique à l’industrie des croisières. Même si on le compare à l’industrie aérienne, c’est 57 $ pour un séjour de cinq à sept jours, alors que nous restons sur la destination pendant six à huit heures. Ça ne semble même pas logique.

« [Ce changement de statut] rend Cozumel 203 % plus cher que toute autre destination des Caraïbes, et Cozumel est [déjà] plus cher que la plupart des destinations des Caraïbes. C’est purement une question d’affaires et purement une question de relations, et en ce moment, nos relations ont souffert à cause de leurs actions. »

Des investissements majeurs déjà en place

TP : Quels investissements récents ont été faits par les compagnies de croisières au Mexique?

MP : « [La FCCA] vient de signer un protocole d’entente avec le gouverneur du Quintana Roo pour financer [les infrastructures portuaires] à hauteur de 7 $. Puis, quand on regarde tous les investissements que font les compagnies de croisières, on parle de milliards de dollars d’investissements. Ce que font les compagnies de croisières n’a pas été apprécié à sa juste valeur. [Les autorités mexicaines] n’ont pas pris en compte l’effet que leurs actions pourraient avoir. »

TP : Quel serait l’impact de ce frais sur les entreprises mexicaines qui dépendent des croisières?

MP : « Nous avons 3 300 escales de navires dans les ports mexicains. Si [les ports mexicains] perdent 10 % de leurs escales, qu’est-ce que cela va faire aux petits entrepreneurs mexicains qui gagnent leur vie grâce aux croisières? »

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