L’IATA presse les gouvernements africains de renforcer le secteur aérien du continent

Image: L’IATA a exhorté les gouvernements africains à faire de l’aviation une priorité en tant que moteur de croissance économique, de création d’emplois, de connectivité et de développement social. (Source: IATA)
Image: L’IATA a exhorté les gouvernements africains à faire de l’aviation une priorité en tant que moteur de croissance économique, de création d’emplois, de connectivité et de développement social. (Source: IATA)
Natasha Lair
par Natasha Lair
Dernière mise à jour: 10:20 AM ET, Wed July 30, 2025
Bert Archer
traduit par Bert Archer

L’Association du transport aérien international (IATA) appelle les gouvernements africains à agir d’urgence pour consolider le secteur de l’aviation en Afrique.

Cet appel s’inscrit dans le cadre de l’initiative Focus Africa, lancée en 2023, qui vise à améliorer la sécurité, l’accessibilité et la connectivité à travers le continent.

« Le secteur aérien africain joue un rôle économique essentiel, contribuant à hauteur de 75 milliards $ US au PIB et soutenant 8,1 millions d’emplois », a déclaré Somas Appavou, directeur régional des affaires publiques de l’IATA pour l’Afrique.

« L’enjeu dépasse la croissance du secteur : il s’agit de l’impact de l’aviation sur le développement social et économique. »

Le marché du transport aérien en Afrique devrait croître de 4,1 % par an, doublant d’ici 2044. L’IATA avertit que sans mesures concrètes, les retombées de cette croissance risquent de ne pas se matérialiser.

Trois priorités

1. Renforcer les normes de sécurité

Malgré des progrès, la sécurité aérienne en Afrique demeure inférieure aux moyennes mondiales. Le taux d’application des normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) s’élève à 59,49 % en Afrique subsaharienne, contre une moyenne mondiale de 69,16 %, et reste bien en deçà de l’objectif de 75 %.

Les sorties de piste ont été le type d’incident le plus fréquent en 2024.

L’IATA demande un appui renouvelé aux programmes d’équipes de sécurité de l’OACI et exhorte les États à respecter l’annexe 13, notamment en publiant rapidement les rapports d’enquête. Sur 42 accidents survenus entre 2018 et 2023, seuls huit rapports finaux ont été publiés.

2. Réduire les taxes et les frais

Le coût des billets d’avion en Afrique dépasse de 15 % la moyenne mondiale, en raison de taxes et de frais plus élevés, ce qui freine la demande et entrave la croissance économique.

« Le transport de passagers et de marchandises crée de l’emploi », rappelle Appavou. « L’excès de taxation détruit la demande et ralentit le développement. »

L’IATA recommande une meilleure coordination entre gouvernements et industrie pour que les infrastructures soient abordables, évolutives et adaptées à la croissance.

3. Libérer les fonds bloqués des compagnies aériennes

En mai 2025, un milliard $ US de revenus appartenant à des compagnies aériennes demeuraient bloqués dans 26 pays africains — soit 73 % du total mondial.

Ces restrictions forcent les compagnies à réduire leurs services, voire à suspendre certaines liaisons, ce qui nuit à la connectivité et freine les perspectives économiques.

« Une compagnie ne peut pas fonctionner si elle ne peut pas rapatrier ses revenus », affirme Appavou. « Les gouvernements doivent respecter leurs engagements internationaux et lever tous les obstacles au rapatriement. »

Objectifs environnementaux

L’IATA exhorte aussi les États africains à appuyer le programme CORSIA (compensation et réduction des émissions de CO₂ de l’aviation internationale), seule mesure mondiale convenue pour encadrer les émissions du secteur.

En 2025, 20 pays africains participent volontairement à CORSIA. La phase de déclaration obligatoire doit débuter en 2027.

Selon l’IATA, rendre accessibles aux compagnies les crédits carbone reconnus par CORSIA permettrait aux pays de tenir leurs engagements tout en générant des revenus via les marchés du carbone.

« L’aviation n’est pas un luxe. C’est un lien vital pour l’économie et la société », conclut Appavou. « Focus Africa, c’est faire de ce potentiel une réalité en matière d’emplois, de croissance et de prospérité. »

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