
par Mia Taylor
Dernière mise à jour: 9:15 PM ET, Tue June 23, 2026
La canicule sans précédent qui s'abat sur une grande partie de l'Europe a fait la une cette semaine, avec des températures atteignant 40 °C et plus dans plusieurs pays.
Les conditions extrêmes, qui ont frappé le Royaume-Uni, la France, l'Espagne, le Portugal, la Suisse, le Luxembourg et l'Allemagne, ont déjà fait au moins 18 morts en France, dont deux enfants laissés dans un véhicule surchauffé.
L'infrastructure ferroviaire, conçue pour des températures bien plus fraîches, est mise à rude épreuve. La chaleur excessive fait dilater et s'affaisser les caténaires dont dépendent les trains. Les rails eux-mêmes peuvent se déformer ou s'élargir dangereusement. Les systèmes de climatisation des rames sont par ailleurs surchargés. Autant de facteurs qui perturbent gravement le service ferroviaire en pleine haute saison estivale.
Des suppressions de trains
Si l'Europe a largement viré vers le train à grande vitesse, ce n'est pas le cas partout. Selon un rapport de l'AFP, une bonne partie du réseau et du matériel roulant français et belge date de plusieurs décennies, conçu à une époque où les températures mondiales étaient bien plus basses. La situation est aggravée par les compressions répétées dans l'entretien et la maintenance des réseaux ferroviaires des deux pays.
Sur les trains plus anciens équipés de climatisation, les systèmes se coupent automatiquement lorsque les wagons surchauffent, entraînant des suppressions sur les lignes les plus touchées. En Belgique, les trains sans climatisation sont retirés du service aux heures de pointe. En France, 10 % des trains en région parisienne ont cessé de circuler pour prévenir les risques liés à la surchauffe des voies.
Caténaires et rails sous pression
Les canicules ne sont pas un phénomène nouveau, mais elles se sont considérablement intensifiées avec les changements climatiques. La BBC a récemment rapporté que les scientifiques ne doutent pas que le réchauffement d'origine humaine — largement attribuable à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz — en a amplifié les effets. Selon le service climatique Copernicus, les températures en Europe ont augmenté d'environ 0,56 °C par décennie au cours des 30 dernières années, soit plus du double de la moyenne mondiale.
Ce qui distingue la canicule actuelle des simples pics de chaleur, c'est sa persistance. Les températures excessives se maintiennent depuis plusieurs jours sans même se relâcher la nuit, et elles devraient durer encore quelques jours.
Ces températures record font courir de sérieux risques à l'infrastructure ferroviaire. Les caténaires s'affaissent sous l'effet de la chaleur, au risque de s'accrocher aux trains qui passent en dessous, selon l'AFP. Une importante panne survenue à Paris le 18 juin, touchant un train de marchandises, serait attribuable à ce phénomène.
Les rails ne sont pas en reste : soumises à une chaleur prolongée, les voies métalliques peuvent se déformer ou s'élargir dangereusement. Les équipements de signalisation électronique sont également susceptibles de tomber en panne à de telles températures.
«Les déformations de voie et les décrochages de caténaire, voilà ce qui inquiète vraiment les ingénieurs», a confié à l'AFP John Lawrence, président du Railway Technical Network à l'Institution of Engineering and Technology du Royaume-Uni. «Cela crée des risques de déraillement, et les caténaires qui s'affaissent peuvent s'accrocher aux pantographes, immobilisant les trains ou les forçant à de longs détours.»
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