La mort du chef du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », a déclenché une vague de violences dans l’ouest du Mexique, jusque dans le pôle touristique de Puerto Vallarta, rapportait Marieke Glorieux-Stryckman dans Le Devoir.
Selon les autorités mexicaines, Oseguera a été blessé lors d’une opération militaire visant sa capture à Tapalpa, dans l’État de Jalisco, avant de mourir pendant son transfert vers Mexico. Au moins sept membres du cartel ont été tués et deux arrêtés lors de l’intervention. Fondé en 2009, le CJNG est considéré comme l’un des groupes criminels les plus puissants du pays. « C’est certainement l’une des organisations les plus puissantes du Mexique en ce qui a trait à la capacité militaire ainsi qu’à la capacité de recrutement et d’armement », a indiqué à l’Agence France-Presse David Mora, expert au sein de l’International Crisis Group.
(Photo Credit: Bert Archer)Des représailles ont suivi : véhicules incendiés, barrages routiers et attaques contre des commerces dans plusieurs États, dont Jalisco, Michoacán, Puebla, Sinaloa, Guanajuato et Guerrero. Le ministre mexicain de la Sécurité, Omar García Harfuch, a affirmé que 25 membres de la garde nationale, un agent de sécurité, un fonctionnaire et une civile avaient été tués dans les affrontements. Le gouvernement a déployé 2500 soldats supplémentaires dans l’ouest du pays.
Les États-Unis ont confirmé avoir fourni un soutien de renseignement à l’opération, sans participation directe de militaires. La présidente Claudia Sheinbaum a évoqué « beaucoup d’échanges d’informations » entre les deux pays.
À Puerto Vallarta, les habitants ont vécu des heures de confinement après des incendies et des blocages de routes. « Ça s’est certainement calmé ce matin… Rien ne se passe, autre que le gouvernement et l’armée qui ramassent les barricades de voitures brûlées dans la rue », a raconté Mary S., une Canadienne installée dans la ville depuis quatre ans. Elle décrit un paysage marqué par les destructions : « Juste dans mon coin, il y avait cinq véhicules brûlés abandonnés dans la rue. »
Un touriste québécois, Étienne Beaumier, présent depuis quelques jours, a observé les premiers signes de la crise dimanche. « On voyait la fumée depuis là où j’étais… C’était vraiment un climat d’anxiété. Personne ne savait ce qui se passait », a-t-il dit.

Puerto Vallarta est connue pour sa scène artistique, sa scène LGBTQ2+, et, plus récemment, ses célébrations du Jour des morts. (Photo Credit: Bert Archer)
Plus de 26 000 Canadiens au Mexique étaient enregistrés auprès d’Ottawa lundi, dont plus de 8000 depuis le début des violences, selon La Presse canadienne. Affaires mondiales Canada recommande une « grande prudence » dans la région. Plusieurs transporteurs, dont Air Canada, Porter et WestJet, ont temporairement annulé des vols vers Puerto Vallarta, avant une reprise progressive des opérations.
Des experts soulignent l’incertitude liée à la succession au sein du CJNG. « En l’absence de succession directe, il se crée un vide de pouvoir, qui ouvre la possibilité de réaménagements violents au sein de l’organisation », a averti David Mora.
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