
par Lacey Pfalz
Dernière mise à jour: 7:05 AM ET, Wed March 26, 2025
Le surtourisme est redevenu un thème central dans le monde du voyage depuis la pandémie. Certaines destinations très fréquentées ont enfin pu souffler pendant les confinements et la fermeture des frontières. Puis, dès la réouverture, les foules sont revenues en masse.
TravelPulse a souvent abordé la question, en montrant comment différentes régions adoptent des lois pour répondre aux effets concrets du surtourisme : pression sur des milieux naturels ou patrimoniaux fragiles, flambée du logement liée à l’explosion des locations à court terme, et encombrement généralisé.
Le phénomène pousse aussi les voyageurs à adopter de nouvelles stratégies, avec l’essor des « destinations bis » ou des coins moins connus qui offrent des expériences similaires à des endroits surpeuplés, mais avec moins de foule et des prix plus accessibles.
Voici un tour d’horizon des changements notables observés au cours de la dernière année.
Amsterdam
La capitale néerlandaise fait partie des villes les plus actives sur le plan législatif. En 2023, elle a interdit toute nouvelle construction hôtelière et annoncé qu’elle réduirait de moitié le nombre de navires de croisière accostant d’ici 2026. Le port de Veemkade sera complètement fermé d’ici 2035.
En décembre dernier, des résidents sont descendus dans la rue pour dénoncer les effets du tourisme sur leur quotidien et sur les prix de l’immobilier.
Nice
Le 24 janvier 2025, le maire de Nice a signé un arrêté interdisant les navires de croisière transportant plus de 900 passagers. Cette mesure entrera en vigueur en juillet. La ville prévoit aussi modifier ses infrastructures portuaires afin de permettre aux petits navires de se brancher au réseau électrique à quai.
Aucune escale de grands navires n’était prévue cet été, mais 124 navires de taille petite ou moyenne sont attendus.
Espagne
En 2024, des milliers de résidents de Barcelone et de Palma de Majorque sont descendus dans les rues pour protester contre le surtourisme et la crise du logement, exacerbée par la multiplication des locations à court terme.
L’Espagne, deuxième pays le plus visité au monde, a donc adopté de nouvelles lois. Barcelone prévoit interdire toutes les locations à court terme d’ici 2028. Alicante a mis en place un moratoire de deux ans.
Le gouvernement fédéral espagnol propose également une taxe de 100 % sur l’achat de biens immobiliers par des non-résidents de l’Union européenne, dans le but de freiner la spéculation.
Grèce
La Grèce a haussé sa taxe touristique en 2024, pour financer les urgences climatiques comme les incendies de forêt. Cette taxe devrait générer 300 millions d’euros par an — soit environ 440 millions de dollars.
Le premier ministre a aussi évoqué des restrictions sur les croisières à Santorin et Mykonos. Aucune date précise n’a encore été annoncée, mais plusieurs îles cherchent déjà à limiter l’afflux de visiteurs.
Athènes a plafonné les visites quotidiennes de l’Acropole à 20 000 personnes, et une nouvelle taxe de 30 dollars s’applique désormais aux passagers de croisière débarquant à Santorin et Mykonos.
Italie
L’Italie, l’un des pays les plus visités au monde, a vu Venise devenir emblématique du surtourisme. La ville a instauré une taxe pour les visiteurs d’un jour durant les périodes de pointe, ainsi qu’une limite de 25 personnes par groupe touristique.
Rome envisage de restreindre l’accès à la fontaine de Trevi, et en décembre, une nouvelle loi nationale a interdit les systèmes d’enregistrement autonomes pour les hébergements de type Airbnb — une décision prise en prévision de l’Année jubilaire de 2025, qui devrait attirer des millions de visiteurs.
République tchèque
À Prague, les autorités ont resserré la réglementation sur les locations à court terme non enregistrées dès septembre 2024. Ces mesures visent surtout les propriétaires, mais elles devraient permettre de rétablir un certain équilibre dans le marché locatif.
Japon
La popularité du Japon a explosé depuis la réouverture des frontières, stimulée entre autres par la faiblesse du yen, qui rend les séjours plus abordables.
Le pays a lancé une ligne de train à grande vitesse vers la préfecture peu visitée de Fukui, a installé des barrières pour limiter la cohue autour du mont Fuji, et envisage de hausser certaines taxes touristiques pour préserver ses sites emblématiques.
D’autres mesures pourraient s’ajouter cette année, surtout dans les endroits les plus fréquentés.
Traduit par Bert Archer
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