
par Lacey Pfalz
Dernière mise à jour: 2:35 PM ET, Fri February 20, 2026
Las Vegas vient de connaître sa plus forte chute annuelle de visiteurs depuis le début de la pandémie, avec un recul de 7,5 % en 2025 attribué à l’incertitude économique, à la diminution de la clientèle internationale et à d’autres facteurs défavorables.
Selon de nouvelles données de la Las Vegas Convention and Visitors Authority (LVCVA), cela représente 3,1 millions de visiteurs de moins pour la destination, fortement dépendante du tourisme. Il s’agit de la baisse la plus marquée depuis le début de la collecte de données de l’organisme en 1970, à l’exception des reculs exceptionnels observés pendant la pandémie.
Sur une base annuelle, les chiffres de décembre qui ont clos 2025 ont également confirmé l’ampleur du ralentissement pour la ville touristique : le volume de visiteurs a reculé de 9,2 %, le tarif quotidien moyen a diminué de 5,1 %, le nombre de nuitées occupées a baissé de 7,3 % et le RevPAR, soit le revenu par chambre disponible, a chuté de 11,8 % par rapport à décembre 2024.
Pour l’ensemble de 2025, le taux d’occupation hôtelier a diminué de 3,3 %, le tarif quotidien moyen annuel de 5 % et le RevPAR de 8,8 % comparativement à 2024.
Selon Reuters, la baisse de fréquentation se traduit aussi par un recul du trafic aérien : l’aéroport international Harry Reid a enregistré une diminution de 6 % du nombre de passagers l’an dernier, et la fréquentation de décembre a chuté de 10,3 % pendant une période habituellement très achalandée des voyages des Fêtes.
Le tourisme d’affaires lié aux congrès demeure solide, mais les voyages d’agrément, dont dépend largement la ville, montrent des signes d’essoufflement.
« Je pense que cela reflète davantage la situation du consommateur états-unien qu’une indication claire de l’évolution de l’économie dans son ensemble », a déclaré Andrew Woods, directeur du Center for Business and Economic Research à l’Université du Nevada, à Reuters. Selon lui, les voyageurs soucieux de leur budget choisissent d’autres destinations.
Des données de novembre 2025 de la LVCVA mentionnaient déjà les prix élevés récents comme l’un des facteurs expliquant la baisse de fréquentation, en plus du recul du tourisme international.
En août 2025, la mairesse de Las Vegas, Shelley Berkley, avait indiqué aux journalistes que la clientèle canadienne, principal marché international de la ville, avait « ralenti jusqu’à presque disparaître » au plus fort du ralentissement économique associé aux tensions commerciales sous l’administration Trump, lorsque des voyageurs canadiens ont commencé à annuler leurs séjours aux États-Unis par solidarité après les propos du président sur une éventuelle annexion du Canada comme cinquante-et-unième État et l’imposition de droits de douane élevés.
Dans l’ensemble des États-Unis, la fréquentation canadienne a reculé de 25 %, une situation potentiellement très dommageable pour les destinations qui en dépendent, en plus d’autres baisses provenant de marchés internationaux. La tendance semble se poursuivre en janvier : selon Statistique Canada, si le nombre de Canadiens revenant de voyages internationaux a augmenté de 11,1 % durant le premier mois de l’année, celui des Canadiens revenant des États-Unis a diminué d’environ 24,3 %.
Reuters souligne également que les profits et les revenus des groupes MGM Resorts et Caesars Entertainment à Las Vegas ont reculé en 2025, Caesars faisant état d’une baisse de 20 % de ses profits.
Selon des données de Cirium, les transporteurs aériens états-uniens offrent 7 % moins de sièges vers Las Vegas au premier trimestre de 2026, signe que certaines compagnies ajustent déjà leur capacité. Les grands transporteurs canadiens ont pour leur part réduit leur offre de 30 %.
La ville a lancé l’an dernier sa première campagne promotionnelle à l’échelle municipale pour tenter de stimuler la fréquentation. Les hôteliers et les casinos pourraient devoir continuer à réduire les prix des chambres et des expériences afin de reconquérir les visiteurs perdus.
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