
par Bert Archer
Dernière mise à jour: 1:10 PM ET, Fri October 9, 2026
Justin Trudeau était la vedette du 26e sommet annuel du WTTC, tenu cette semaine à La Valette, à Malte. Il s'est entretenu, en anglais, avec la présidente et chef de la direction du WTTC, Gloria Guevara, qui l'a interrogé sur son passage au poste de premier ministre, sur le rôle des gouvernements dans le voyage et sur l'endroit qu'il recommanderait à tout le monde de visiter au Canada.
M. Trudeau a parfois fait preuve d'une franchise étonnante, au point que Mme Guevara l'a interrompu quand il s'est mis à parler un peu trop crûment de Donald Trump et de la relation entre le Canada et les États-Unis.
Voici quelques-unes de ses citations les plus savoureuses, traduites de l'anglais.
Sur le voyage et le tourisme comme secteur d'emploi
« Comparez un emploi en hôtellerie ou en tourisme à, je ne sais pas, un été comme réceptionniste au cabinet dentaire de votre père: l'expérience est tellement plus riche pour les jeunes. Elle façonne le genre d'adultes qu'ils deviendront, parce qu'ils rencontrent de nouvelles personnes et découvrent la différence, même quand ils travaillent chez eux, auprès de touristes.
« Mais il y a plus que cela. Il n'y a pas que les emplois, pas que les chiffres bruts. Partout dans le monde, à des degrés divers selon les pays, on observe en ce moment une tendance: des gouvernements encouragent les gens à se replier sur eux-mêmes, à devenir plus insulaires, à se méfier du reste du monde ou à s'y opposer. Ce n'est pas nécessairement une voie productive pour le monde, et le meilleur remède, c'est le tourisme…
« C'est apprendre à connaître des gens différents de soi. C'est avoir envie de voyager, être curieux du monde, faire preuve d'empathie, être ouvert aux différences. Ce sont des réflexes que les gens doivent développer, et c'est ce qui rend votre industrie si importante en ce moment. »
Sur le tourisme et les relations internationales
« Il n'y a pas que les paysages. Il n'y a pas que les prix et le coût de la vie dans un endroit. Il y a aussi la réputation, ce qu'on ressent sur place, la façon dont les gens sont accueillis, ou non. Or, depuis quelques années, les États-Unis ne se sont pas montrés très doués pour que les voyageurs se sentent les bienvenus.
« Que ce soit le durcissement de la frontière, la crainte de ce qui peut arriver si on est arrêté au poste frontalier, ou encore tous ces Canadiens qui avaient peur de traverser la frontière états-unienne pour la première fois de leur vie... Pendant des décennies, des générations, les Canadiens et les États-Uniens ont franchi sans cesse notre frontière commune, la plus longue frontière non militarisée du monde, et nous l'avons presque tenue pour acquise. Les liens familiaux, personnels et commerciaux ont été immenses et solides au fil des ans.
« Il y a eu un niveau d'anxiété à l'idée de voyager aux États-Unis qui a touché les Canadiens. Mais plus encore, le manque de respect que le président a montré envers le Canada, en disant par exemple que ce n'est pas un vrai pays, a amené les Canadiens à... [Mme Guevara tente de l'interrompre] Pardon, voulez-vous dire quelque chose? »
Sur l'endroit à visiter au Canada
« Nous avons des montagnes. Nous avons des lacs. Nous avons un Arctique extraordinaire, qui est encore en développement. Mais ce que nous avons de mieux au Canada, ce sont les Canadiens. [Applaudissements spontanés de plusieurs centaines de délégués et de journalistes] Partout où vous irez au Canada, vous trouverez des Canadiens. Mais je vous recommanderais de venir à Montréal. C'est ma ville natale. La mairesse est notre ancienne ministre du Tourisme, et elle est formidable. Nous, les Montréalais, nous aimons les bons restaurants. Nous aimons l'art. Nous remplissons nos étés de festivals. L'hiver, ça vaut la peine de venir pour la neige. Bref, venez à Montréal. C'est une belle ville, et c'est chez moi. »
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